Accueil > Eglises et Basiliques de Rome > La chapelle Sixtine du Vatican à Rome

La chapelle Sixtine du Vatican à Rome

02/06/2012

La Chapelle Sixtine est un endroit incontournable des musées du Vatican. C’est le lieu que les visiteurs veulent voir à tout prix, afin d’être pris d’une certaine émotion spirituelle en admirant les fresques de l’illustre peintre Michel-Ange auteur notamment du jugement dernier.

Histoire et construction de la chapelle



C’est en 1475 que la construction de la Chapelle Sixtine commença sous le règne du pape Sixte IV. Il voulait absolument une grande salle afin d’accueillir les réunions de la cour papale qui était alors composée de 200 personnes. Ce lieu qui devait être protégé afin de répondre aux menaces de la seigneurie de Florence et des turcs de Mahomet II fut terminé le 15 août 1483 date à laquelle elle est inaugurée de façon solennelle par le pape.

La chapelle mesure 40, 23 mètres de longueur, 13, 40 mètres de largeur, et 20, 70 mètres de hauteur : ces dimensions seraient celles du temple de Salomon à Jérusalem qui fut détruit par les Romains au cours du premier siècle. D’un point de vue architectural, la chapelle est éclairée par des fenêtres dans sa partie supérieure, et elle est séparée en deux par un portail sublime derrière lequel se trouvait le public tandis que de l’autre coté ( la partie la plus grande) étaient regroupé les membres du chœur. Sur le sol se trouve une superbe mosaïque qui date du XVe siècle et qui n’a pas bougé depuis tout ce temps.

Le Pape Sixte IV demanda à la fin de la construction à plusieurs peintres italiens de renommée de décorer l’intérieur de la chapelle. C’est à ce moment-là que les parois latérales de l’édifice divisées en trois bandes sont peintes, avec dans la bande du milieu des épisodes de la vie du Christ et de Moise.

C’est le neveu de Sixte IV qui devient pape à son tour qui fit appel à Michel-Ange à qui il avait déjà confié de nombreux travaux de restauration dans la ville de Rome pour réaliser une fresque sur la voute. Il fallut 4 longues années au peintre pour achever le travail qui retrace l’histoire de l’humanité. La peinture du jugement dernier fut commandée par le pape Suivant, Paul III Farnèse, toujours à Michel-Ange qui mit 5 ans pour la réaliser.

La voute de la chapelle Sixtine



La voûte de la Chapelle Sixtine représente à coup sûr le plus grand chef-d’œuvre de Michel-Ange. Sa superficie totale représente 800 mètres carrés. C’est en 1508 que le peintre commence à la réaliser, et après une interruption d’une année en 1510, la chapelle est finalement inaugurée par le pape en novembre 1512.

Afin de lire le cycle des peintures, il convient de regarder la fresque en trois endroits. Le premier d’entre eux sont les espaces triangulaires qui se situent juste au-dessus des fenêtres. Les peintures représentent les ancêtres du Christ qui selon l’Évangile attendent le grand événement de la révélation : on peut voir les personnages dans une attitude de fatigue et de souffrance tellement le temps qui les sépare de la naissance du Christ est long. Sur les angles de la voûte sont représentées des scènes qui concernent le peuple d’Israël. A droite de la partie qui était réservée aux peuples, une peinture décrit Judith qui fait tuer le général Holopherne car celui-ci avait reçu l’ordre de combattre l’armée israélienne. A gauche de ce même endroit, David combat le géant Goliath qui avait juré de faire des juifs des esclaves s’il sortait vainqueur contre l’armée israélite. Sur la droite à l’angle du jugement dernier, on retrouve le serpent en bronze qui évoque les reptiles envoyés contre l’israélite. La légende veut que Dieu ait demandé à Moise de fabriquer ce serpent afin de sauver tous les gens ayant été mordus par un reptile quelconque. Enfin sur la gauche, c’est la mort d’un vizir, Arman, qui avait promulgué une loi contre les juifs qui ne se seraient pas agenouillés devant le roi afin de rendre leur exécution possible.

Dans la seconde partie, il convient de regarder entre chaque triangle les personnages qui sont assis sur des trônes. Ce sont les figures des sept prophètes bibliques et des cinq sibylles païennes qui ont tous en commun d’avoir annoncé à l’avance la venue du Christ. Des personnages sont accompagnés par des anges nus, et ils sont en train de lire un livre ou bien de dérouler un parchemin.

La troisième partie est bien entendue celle qui nous interpelle le plus lorsque l’on regarde cette sublime fresque au milieu de la voûte. C’est la partie centrale qui est divisée en un rectangle, dont quatre sont plus grandes que les cinq autres. Trois d’entre eux représentent la création du monde, trois autres histoires d’Adam et trois autres l’histoire de Noé.

Parmi ces fresques, on retrouve la séparation de la lumière et des ténèbres qui est caractérisée par le créateur enveloppé dans un drap rose et dont Michel-Ange mit une journée pour la peindre. Vient ensuite la création des astres et des plantes qui sont divisées en deux parties : dans chacune d’elles apparaît le seigneur en train de créer le soleil et la lune, puis les plantes dans une posture vue de dos. Le troisième rectangle représente la séparation de la terre et des eaux, puis vient la création d’Adam. C’est la partie la plus célèbre de la fresque dans laquelle la main de Dieu et la main de l’homme viennent de se lâcher. On retrouve ensuite la naissance d’aide avec une scène du déluge dans laquelle la femme nait d’un rocher et non à coté d’Adam comme le veut la bible. Le sixième rectangle représente le péché originel et Adam et Eve chassés du Paradis. C’est à cet endroit que l’on observe le serpent entouré autour d’un arbre. À leurs côtés, Adam et Eve apparaissent affaiblis et vieillis après le fameux péché afin de montrer que la représentation du corps est aussi une manière d’exprimer la spiritualité. Dans la septième scène, le sacrifice de Noé est un remerciement au seigneur après le grand déluge. Noé construit un autel afin d’y mettre tous les animaux purs. Le huitième cadre représente le déluge universel avec une tente sous laquelle les gens se réfugient, terriblement apeurés par la pluie. C’est probablement la première scène qui a été peinte par Michel-Ange sur la voûte. Enfin le neuvième cadre qui se situe au plus près de l’entrée originelle de la chapelle est l’ivresse de Noé selon laquelle la vie et l’activité agricole réapparaissent sur la terre.

Entre chacune de ces scènes de la Genèse, on retrouve des Ignudi, figures masculines beaux et puissants qui permettent de relier les différents cadres entre eux, et à ce titre, ils ont une importance toute particulière dans la création de l’œuvre par Michel-Ange.

La fresque du Jugement Dernier



C’est exactement 20 ans après avoir terminé la fresque de la voûte que Michel-Ange est chargé par le pape Clément VII de réaliser la paroi du fond de la Chapelle Sixtine. C’est une année plus tard sous le pontificat de Paul III Farnèse qu’il commença à réaliser les travaux qui durèrent cinq ans. La sublime fresque fut l’occasion d’une cérémonie solennelle qui marquait le renouveau de la suprématie de la papauté après les événements tragiques de 1527, lorsque l’invasion de milices avait fortement ébranlé l’église de Rome.

Afin de préparer son œuvre, Michel-Ange recouvrit le mur de briques en réalisant une légère inclinaison vers le haut afin de permettre la poussière de glisser et de corriger les perspectives. Le Christ est représenté au centre de la fresque avec à ses côtés la vierge. D’un mouvement de la main, il décide du destin de l’homme : pour certains, il s’agira de remonter vers le ciel, ce que l’on peut voir en bas à gauche du mur, et pour d’autres, ils seront condamnés à aller en enfer, cette que nous voyons en bas à droite de la peinture.

Dans la scène du paradis en bas à gauche, les squelettes retrouvent progressivement leur statut de corps humain en remontant vers le ciel ce qui représente la réincarnation. Ils sont réveillés par les anges, l’archange Saint-Michel qui tient un livre contenant le nom de ceux qui seront bien heureux, et le même archange qui en possède un autre avec la liste des condamnés.

Autour du Christ se trouvent les apôtres : c’est l’occasion de découvrir Saint André avec sa croix, saint Jean-Baptiste avec le corps puissant, Saint-Laurent avec une échelle pour rappeler son supplice, Saint-Barthélemy qui a dans ses mains la peau d’un homme vidée de sa chair. A droite du Christ, on aperçoit Saint-Pierre avec le visage du pape Paul III. Sur les côtés en bas, c’est Saint-Sébastien qui est agenouillé avec des flèches. En haut du jugement dernier, on retrouve les symboles de la passion du Christ avec la fameuse croix, la couronne d’épines, les dés qui lui permettait de jouer avec les gardiens, la colonne de la flagellation et enfin l’éponge avec laquelle on lui donna à boire.

Sur cette fresque, Michel-Ange adopte un style différent de celui de la voûte. C’est sans doute parce que son attitude envers la vie a changé : le Christ est alors un personnage sévère auquel personne ne peut s’opposer ni même la vierge et encore moins les hommes. C’est pour cette raison que les personnages sont créés dans une atmosphère de souffrance qui témoigne de leur passage sur la terre.

Le jugement dernier fut retouché par un élève de Michel-Ange afin de répondre aux décisions du concile de Trente de 1563 : celui-ci recommandait de cacher la nudité des personnages et c’est alors que le peintre décida de rajouter des voiles sur les corps pour leur redonner une certaine dignité. A la fin du XVIe siècle, et au cours des siècles suivants, d’autres aménagements ont été réalisés pour répondre aux mêmes besoins. Lors de la restauration, ce fut un élément vivement discuté pour savoir s’il fallait ou non retiré les ajouts afin de respecter l’œuvre originale de Michel-Ange. Finalement, seuls les ajouts du premier peintre sont conservés tandis que les autres sont effacés. C’est ainsi qu’en 1994, le célèbre pape Jean-Paul II exprime dans son discours le fait que la Chapelle Sixtine est le véritable sanctuaire du corps humain et c’est un témoignage de la beauté de l’homme créé par Dieu.

Il fallut plusieurs années afin de restaurer les fresques de la Chapelle Sixtine, et aujourd’hui, l’air est filtré en permanence pour évacuer le dioxyde de carbone produit par les innombrables visiteurs chaque jour.

Les commentaires sont fermés.